Les enjeux de l'environnement pour le secteur du tourisme

Mardi 5 juin 2018 a eu lieu la Journée mondiale de l'environnement (JEM). Elle est organisée chaque année depuis 1972, initiée à l’occasion de la Conférence de Stockholm sur l’environnement par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Le thème de cette journée était, pour l'année 2018, le combat contre la pollution plastique. La JEM a pour objectif de sensibiliser les citoyens du monde, ainsi que les entreprises et les gouvernements, à les encourager à explorer des alternatives durables et bonnes pour la planète.

Quels sont les impacts du tourisme sur la dégradation de l'environnement ? Et inversement, quels effets ont ces dégradations sur les activités touristiques ?



Le tourisme, accélérateur et victime de la dégradation environnementale ?

Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement, Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique, 1803.

Les choses ont pourtant bien changé depuis le XVIIème siècle...


Le tourisme est une industrie qui se base essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles et culturelles d’une destination. C’est un phénomène très récent puisqu’il a moins de 100 ans ! Devant un contexte de croissance mondiale, la question de la rareté des ressources se pose. Le développement d’un tourisme de masse dans les années 1960 a accentué cette problématique. Le principal enjeu lié au tourisme aujourd’hui est l’arbitrage entre les ressources et les besoins.

Cette évolution rapide et soudaine des échanges internationaux a eu des conséquences négatives telles que la dégradation des sites ou la bétonnisation (développement linéaire urbain compact et bétonné) par exemple.


Les scientifiques pensent que pour stabiliser tout à fait l’atmosphère, il faudra réduire de 70% les émissions de GES partout dans le monde.

D’après l’OMT, les émissions dues au tourisme devraient augmenter de 152 % entre 2005 et 2035 si des mesures concrètes ne sont pas prises pour les réduire.*


La prise de conscience


Le tourisme n’est certes pas le seul responsable du réchauffement climatique, puisqu’il représente 4% des émissions mondiales de GES en 2012, mais il en est un fort accélérateur, et à la fois, une victime !


Quelles sont les conséquences néfastes des dégradations environnementales pour le tourisme ? La diminution du manteau neigeux, l’érosion du littoral, les risques naturels, la diminution de la biodiversité, les changements globaux. Ces mutations concernent essentiellement aujourd’hui le tourisme de loisirs, mais sont étroitement reliées au tourisme d’affaires dont les habitudes tendent vers le bleisure : l’intégration d’activités de loisirs pendant les déplacements professionnels.


Face à ces enjeux, les institutions intergouvernementales ont mis en place des actions pour la durabilité du tourisme. On a sélectionné pour vous certaines dates notables :

  • 1992 : Sommet de la Terre à Rio → Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (CNUED).

  • 1995 : charte du tourisme durable par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) et le PNUE

  • 1999 : 1er code éthique du tourisme de l’OMT

  • 2000 : lancement en France de la Charte Tourisme et Ethique

  • 2004 : Définition de l’OMT de la notion de tourisme durable

  • 2015 : “Programme 2030” Programme de l’ONU de développement durable à l'horizon 2030

  • 2017 : année internationale du tourisme durable pour le développement (ONU)

De nouveaux types de tourisme apparaissent en parallèle avec l’évolution de la demande : l’écotourisme, le tourisme équitable, le tourisme solidaire et, dans une moindre mesure, l’éco-volontariat et l’agro-tourisme.


Face à un bilan carbone alarmant, les solutions dans le tourisme concernent aussi bien les professionnels de l’industrie que les voyageurs. Les évolutions technologiques participent à la mise en place de méthodes plus durables, notamment pour les hébergements et le transport, avec une utilisation énergétique plus réfléchie, efficace et responsable. Il s’agit également de sensibiliser les voyageurs pour qu’ils aient un comportement également plus responsable en choisissant les modes de voyages adaptés. Par exemple, le choix du train plutôt que de l'avion sur les courts et moyens-courriers, ou l'allongement des durées de séjour pour le long-courrier.


Pour conclure sur la part de responsabilité du tourisme dans l’évolution durable de la planète, même si les décisions en ce sens sont souvent motivées par des enjeux plus économiques qu’environnementaux, le secteur du Travel évolue fortement vers une démarche de tourisme durable, surtout dans les pays dits “développés”, en accord avec les évolutions sociétales et économiques plus générales.


Les enjeux en entreprise : la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE)


“Si les entreprises se concentrent aussi bien sur leurs profits que sur l’impact qu’elles ont sur la société, elles en tireront bénéfice”. C’est l’hypothèse formulée par Howard Bowen, précurseur de la RSE avec son ouvrage Social Responsibilities of the Businessman, publié en 1953.


L’idée d’intégrer des principes de développement durable dans les activités de l’entreprise n’est donc pas nouvelle, les travaux fondateurs débutent dès les années 1920.

Ces principes permettraient de répondre à des enjeux de positionnement stratégique, en prenant en compte les spécificités du secteur, et représentant ainsi une différenciation concurrentielle non négligeable.

Ils permettraient la réduction des risques et des coûts, car une anticipation et une stratégie sur le long terme seraient possible, prenant en compte les principes de durabilité. Attention! On ne parle pas ici d’environnement durable, mais de durabilité au sens de caractère de ce qui est durable. Elle prend en compte au sens plus large les principes environnementaux, mais aussi les logiques de développement local économique et social.


En plus de l’amélioration des performances, la RSE est un bon outil de management de l’image d’entreprise, en interne comme en externe. La bonne réputation et la culture d’entreprise peuvent s’en voir renforcées.

S’il n’existe pas de loi - encore - imposant l’intégration de ces principes en entreprise, vous pouvez retrouver des guides d’orientation proposés par l’institution internationale ISO, qui délivre certaines certifications.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre étude CBT Conseil sur la RSE et le bien-être au travail, élaborée en collaboration avec l’Association Française du Travel Management (AFTM).


Conclusion


En conclusion, face à la croissance constante du Travel et ses conséquences sur l’environnement, devant les changements des comportements de consommation, et avec la prise de conscience d’une nécessité de durabilité des actions, la Responsabilité Sociale et Environnementale pour l’entreprise semble être un bon outil pour engager une organisation interne responsable, et surtout un développement pérenne.


*Source : « Tourisme et changement climatique : affronter les défis communs - Considérations préliminaires de l'OMT » octobre 2007


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